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Etat des lieux de l'enseignement de l'EPS au primaire, Lucie Mougenot

Etat des lieux de l'enseignement de l'EPS au primaire, Lucie Mougenot

Etat des lieux de l'enseignement de l'EPS au primaire, Lucie Mougenot

Etat des lieux de l'enseignement de l'EPS au primaire, Lucie Mougenot

Lucie MOUGENOT (formatrice en EPS à l'ESPE d'Amiens) fait ici un état des lieux de l'enseignement de l'EPS à l'école primaire.

Lucie est également l'auteur du livre "L'épreuve d'oral d'EPS au concours de professeur des écoles"

Pour débuter, Lucie met en avant l'horaire "théorique" important consacré à l'EPS. Il s'agit en effet du deuxième domaine à la maternelle et du troisième à partir du CP.

Pour le cyle 1, l'enseignement de l'EPS est obligatoire chaque jour. A partie du  CP, ce sont 108 heures hebdomadaires qui doivent y être consacrées, ce qui fait en moyenne trois heures par semaine.

Bien que le temps, en théorie , alloué à l'EPS est important, il reste néanmoins "le parent pauvre de l'éducation nationale avec d'autres disciplines".

Il ne s'agit pas de responsabiliser les enseignants, mais plutôt de questionner sur leur formation initiale en EPS, de présenter les problèmes d'installation, de souligner le manque de temps et d'accompagnement.

L'ensemble de ces points nuisent au respect de ces horaires.

- En ce qui concerne la formation initiale, elle reste très faible, voir même parfois inexistante pour apprendre à enseigner l'EPS au premier degré.

Les étudiants inscrits en première année de master 1 ont seulement 50 heures de cours. En deuxième année de master, les heures de formation sont réduites à peau de chagrin. Les étudiants de master 2  doivent se " débrouiller" et sont souvent très démunis.

Cette faiblesse de formation initiale n'est pas compensée par la formation continue qui est également très faible.

- Sur la question des intervenants, certaines villes peuvent mettre à disposition des écoles du personnel qualifié en EPS. Cela peut ainsi pallier au manque de formation mais également avoir des effet pernicieux. Ainsi, lorsque dans certains territoires,  il n'existe plus d'intervenants disponibles pour des raisons principalement budgétaires, il en résulte moins d'heures d'EPS.

- Au niveau des installations, on constate aujourd'hui encore que de nombreuses écoles ont  très peu de matériel pour l'EPS. Ainsi en maternelle il n'est pas rare de voir des enseignants, qui faute d'installation,  font l'EPS en classe ou dehors toute l'année. Ceci induit des pratiques d'activités physiques très limitées voir quasiment inexistantes

Lucie s'appuie ici sur le rapport, présenté par Actibloom à sa sortie, intitulé  " Promouvoir l'activité physique et sportive tout au long de la vie". Les deux rapporteurs : Pascal DEGUILHEM (Député de la Dordogne) et Régis JUANICO (Député de la Loire).

Ce rapports révèle des résultats assez inquiétants et souligne une vigilance particulière sur l'EPS au premier degré.

Les horaires ne sont pas respectés et il existe de fortes contraintes pour les déplacements.

Or comme précise le rapport, 40 à 60 % des enfants d'âge de scolarisation au primaire ne pratiquent pas d'autres activités physiques en dehors de l'école. Ces éléments participent à une dégradation de la santé des jeunes, une accélération de la sédentarité.

Le rapport montre que le temps en moyenne consacré à l'EPS n'est pas de trois heures mais plutôt de 1 h30 à 2 heures (contre 3 heures dans les textes par semaine). Souvent les cours ont lieux en fin de journée, ce qui aboutit  régulièrement à une suppression du cours d'EPS lorsque du retard a été pris dans la journée sur d'autres matières enseignées.

La prédominance de l'enseignement du français et des mathématiques se fait au détriment des autres disciplines dont l'EPS .

Lucie mentionne ensuite un rapport de l'inspection générale qui donne l'exemple de l'académie de Rennes ou il n'existe aucune inspection sur les temps d'EPS.

En conclusion, il existe un décalage assez important avec le second degré. L'enseignement d'EPS au second degré bénéficie pour sa part d' horaires plus fixes, les  cours sont dispensés par des enseignants spécialisés et son parc d'installions est plus important.

Une nouvelle fois, il ne s'agit pas d'incriminer les enseignants du premier degré mais de questionner sur la formation initiale et continue en EPS qui sont  quasiment inexistantes.

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