Le Plaisir en EPS, 1 ère Partie

Le Plaisir en EPS, 1 ère Partie

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Le Plaisir en EPS, 1 ère Partie

Première  interview d'une série de 4 réalisées avec Philippe GAGNAIRE, professeur agrégé d'EPS et membre du "Groupe Plaisir" de l'AE-EPS.

Suite, 2 ème VIDEO, puis 3 ème VIDEO, puis Quatrième VIDEO

Pour commencer, le plaisir c'est quoi ?

Paradoxalement tout le monde sait ce qu'est le plaisir pour en avoir déjà fait l'expérience, pourtant personne n'arrive vraiment à le définir....

Je partirai donc de l'idée que le plaisir c'est le ressenti de ceux qui disent en avoir éprouvé ! Ce ressenti est alors personnel et intime. Plus précisément, le plaisir est un ressenti positif pendant ou juste après une action. Il résulte d'une combinaison complexe d'affects et de sensations en relation avec les expériences vécues de la personne.

Le plaisir a une réalité biologique qui se traduit par la libération de substances (dopamine) dans l'organisme. Cette fonction hormonale sert à dynamiser la puissance d'agir et la puissance d'exister de la personne.

 

Le notion du plaisir dans l'enseignement de l'EPS ?

Les plaisirs sont pluriels. Certains sont lés à Avoir Plus (argent, médaille, cadeaux...etc), ils nous intéressent peu. D'autres dépendent des Actes, de l'Action, c'est ce plaisir là de pratiquer qui importe et que nous devons valoriser en EPS. Ce plaisir est loin du simple amusement. Il résulte au contraire bien souvent d'une grande implication, application dans une tâche . Par exemple, les enfants quand ils jouent passent des heures à faire et refaire la même chose.

Donc éprouver du plaisir nécessite de l'effort, mais de l'effort consenti et non de l'effort contraint.

Bien évidemment la singularité de chacun fait qu'il existe différents plaisirs liés aux pratiques sportives. Le plaisir assez spontané du pratiquant débutant est bien différent du plaisir beaucoup plus élaboré du pratiquant confirmé.

De la même façon, les plaisirs ne signifient pas la même chose pour l'ensemble des enfants, des élèves. Si on peut affirmer que le plaisir est lié à la réussite que l'on s'est fixé, il s'éprouve à partir de sensibilités différentes qui peuvent se combiner et s'associer.

- Une sensibilité à la pratique compétitive. L'attraction de la victoire fascine. ce qui compte c'est le plaisir de gagner.

- Une sensibilité aux formes ludiques. le jeu en lui même et pour lui même satisfait pleinement.

- Un sensibilité à une approche conviviale. Une pratique physique oui, mais avec les autres.

- Une sensibilité à une maîtrise technique. Apprendre et réussir un projet à sa portée, voilà l'enjeu.

- Une sensibilité à la réalisation d'exploit sportif. Réussir une épreuve difficile ou une performance remarquable.

- une sensibilité à des sensations corporelles. Ce qui pousse certains à agir, c'est à la fois le plaisir de ressentir des émotions fortes et de percevoir certaines sensations kinesthésiques.

Le plaisir dans l'univers de l'enfant ?

Si bien que la notion de plaisir rapportée à l'univers de l'enfant, est en lien direct avec l'engagement qu'il montre dans ses actions, dans ses pratiques.

Le plaisir est un indicateur de la mobilisation des enfants, qui répond à un besoin de bouger, d'agir, de jouer, de faire. Mais lorsque ce sont les adultes qui proposent une activité, cette mobilisation ne va pas de soi, elle est à gagner en permanence.

L'une des causes de la non mobilisation des enfants, c'est lorsque une situation n'a pas vraiment de sens pour eux. Lorsque leurs préoccupations se situent ailleurs. Donc une pédagogie qui cherche en permanence à mobiliser les élèves est une pédagogie qui place le plaisir au centre de l'action éducative.

Cela signifie que le sens profond que l'enfant accorde à son action doit requérir toute l'attention de l'enseignant et constituer le point de départ de toute action pédagogique.

Une conclusion ?

Au bout du compte , initier au plaisir de pratiquer dans le respect d'autrui, voilà l'objectif essentiel de l'éducateur sportif.

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