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Les jeux à la Maternelle

Les jeux à la Maternelle

Les jeux à la Maternelle

 

Par Lucie MOUGENOT (formatrice en EPS à l'ESPE d'Amiens). Cet article a pour objectif de vous aider à choisir les jeux à proposer aux enfants du cycle 1.

Il fait suite au premier article sur ce sujet intitulé "Le choix des jeux en maternelle et élémentaire".

Vous pouvez consulter notre rubrique  : Tutoriels vidéo des jeux en cycle 1

 

Généralités 

Les jeux collectifs sont très enseignés dès la maternelle. Par contre, plus les enfants sont jeunes, plus il est difficile de les faire se mobiliser dans des jeux nécessitant une interaction motrice avec les autres (partager, entrer en contact, s’opposer…). Les jeux seront donc progressifs, avec des règles évolutives de la PS à la GS.

La démarche d’enseignement à la maternelle doit permettre aux enfants de vivre des situations d’apprentissage dans lesquelles l’action et le jeu ont une place centrale ; la place du jeu est d’ailleurs mise en avant dans les derniers programmes.

Le jeu donne du sens à l'action, induit des interactions entre les élèves (motrices et verbales) et offre des possibilités d’actions variées à l'intérieur d'un cadre (les règles).

Il s’agit donc de définir des contraintes de façon progressive pour orienter les réponses motrices des enfants.

Les règles évoluent en fonction des observations menées par l’enseignant et ses élèves, des réussites et des problèmes rencontrés.

 

 

Quels jeux choisir ?

L’objectif mentionné dans les programmes s’intitule :

 

Collaborer, coopérer et s’opposer.

 

L’ordre est très important pour respecter la progressivité des apprentissages. On ne peut pas par exemple proposer un jeu de loup en PS sans avoir auparavant travaillé la collaboration et la coopération : le risque est de mettre les enfants en surcharge cognitive ou affective et d’observer des enfants qui ne veulent pas jouer, qui sont statiques et ne savent pas où donner de la tête, qui font autre chose que respecter les règles du jeu…

 

 

La démarche ?

Tout au long d’une séquence, le jeu choisi va évoluer.

L’entrée dans l’activité peut être proposée pendant 5 à 10 minutes, par exemple autour d’une manipulation libre ou orientée des objets qui seront utilisés durant le jeu (balles, cubes de mousse…).

 

Quelques principes ?

 

 

Commencer par proposer un jeu présentant un minimum de règles pour optimiser la mobilisation des enfants.

 

            Exp : minuit dans la bergerie (MS / GS). Le maître prend le rôle du loup. Les enfants sont des moutons. Ils ont (ou non) un camp (bien matérialisé). Le loup dort, les moutons s’approchent et lui demandent l’heure. Le loup répond ce qu’il veut, mais quand il dit qu’il est minuit, il se retourne et tente d’attraper un mouton. Si un mouton est attrapé, les premières fois, il rejoue tout de suite après (ce jeu est émotionnellement très riche. Un enfant attrapé ne peut en aucun cas être éliminé ; le fait d’être attrapé est déjà assez éprouvant pour certains, donc il ne se passe rien de spécial lors des premières parties, on rejoue !).

 

Les laisser jouer, plusieurs fois avant de faire évoluer le jeu.

 

            Pour comprendre l’enjeu du jeu, il faut jouer ! Le rapport à la règle, aux autres n’est compréhensible qu’après plusieurs essais. Les enfants doivent prendre du temps pour comprendre les rôles de chacun, ce qu’il faut faire pour réussir, et prendre du plaisir à jouer.

 

Proposer des mises en commun permettant aux enfants d’attester de leur réussite par rapport au but du jeu, de dire ou montrer comment ils font pour…  , d’exprimer ce qui leur pose problème.

Revenir à des phases de jeu après les mises en commun pour leur permettre d’évoluer en fonction de ce qui a été dit.

            Exp : écureuils en cage. Après une mise en commun on rejoue en changeant de rôle (cage ou écureuil).

 

 

Faire évoluer le jeu doucement, en fonction des objectifs mais surtout en fonction des réussites ou des problèmes rencontrés.

            Exp : jeu du déménageur : la règle « on ne peut prendre qu’un (ou 2) objet (s) à la fois » ne peut être amenée que si cela pose problème : des enfants prennent de nombreux objets et les font trop tomber, gênent les autres… les enfants doivent identifier le problème que pose le fait d’en prendre trop pour comprendre le sens de cette règle. 

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