Oral EPS du CRPE : Vidéos 2 et 3, comment choisir les jeux en EPS et construire des modules ?

Vidéo 2 : Comment choisir un jeu ? chapitre 1

 

Vidéo 3 : Comment choisir un jeu ? chapitre 2

 

Quatre critères non exhaustifs

  1. S’adapter aux capacités (notamment cognitives) des enfants 
    • Exp : le « loup glacé » est inadapté chez les plus petits (PS) qui ne parviennent pas à s’immobiliser plus de quelques secondes, et qui ne peuvent pas non plus se sauver et en même temps délivrer leurs camarades (double but, consigne complexe).

Progressivité

Eléments de définition

Compléments

Exemple de jeux

Collaborer

C’est atteindre un but commun mais chacun pour soi

Dans ces deux catégories, pour les PS notamment, il ne peut pas y avoir d’opposition ! Sinon la consigne devient complexe et les enfants risquent d’être en surcharge cognitive.

Jeu de déménagement d’objets

Jeux dansés

Coopérer

C’est atteindre un but commun en interagissant avec les autres

Jeux de relais

Ecureuil en cage

Les lapins et les terriers

Le parachute

 

S’opposer

C’est atteindre un but (individuel ou collectif) mais en ayant un ou des adversaires qui nous empêchent ou dissuadent de réussir. Il y a donc souvent un double but !

Les premiers jeux d’opposition ne comporteront qu’un seul adversaire (jeu de loup).  Les duels d’équipes sont à proposer plus tard.

Jeux de loup, de poursuite.

Eperviers déménageurs

L’horloge (GS) : duel asymétrique sans interaction motrice entre les équipes.

Lien entre le programme de cycle 1 et le choix du jeu

  • Au cycle 2, les sports collectifs à espaces interpénétrés sont très complexes au plan informationnel, les élèves peuvent vite être perdus : privilégier d’abord des jeux d’équipes à espaces séparés (la balle au prisonnier, lapins chasseurs) qui permettent aux élèves de prendre plus de temps pour décider et agir ou des jeux paradoxaux comme la balle assise ou les 4 coins, ou encore les jeux de poursuite, sans ballon, où l’on va développer des actions comme l’esquive, les changements de rythmes et d’orientations rapide : poule renard vipère, éperviers, jeux de loups, accroche décroche, etc.
  • Au cycle 3, initiation possible aux sport collectifs, mais attention à ne pas se focaliser trop et trop tôt sur les jeu d’opposition symétriques (quasiment tous les jeux sportifs) : les élèves ne vivront que ces types de jeu ensuite au collège et lycée, l’éveil à d’autres types de pratiques est important au plan éducatif. Les jeux sportifs qui nécessitent un matériel très particulier, des conditions stables et qui sont très compétitifs, sont centrés sur la victoire et ce sont bien souvent toujours les mêmes qui perdent. De plus, l’école a pour but entre autres de transmettre une certaine culture aux enfants. La culture propre aux sports collectifs est déjà connue des élèves le plus souvent, nombreux pratiquent en club ou assistent à des matches en tant que spectateurs. Ce sont des jeux qu’ils connaissent, donc il est important de leur proposer aussi d’autres pratiques culturellement ancrée, jeux traditionnels, jeux régionaux, etc.  Les Jeux traditionnels sont aussi appropriés pour développer l’adaptation de sa conduite aux autres, la coopération ou l’opposition, les stratégies collectives. Exp : balle au capitaine, la baguette, le drapeau ou double drapeau, les 7 pierres.

Pour aller plus loin sur les différences entre sport et EPS, sport et jeux traditionnels : article d’Eric Dugas :

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/706188-l-eps-a-l-ecole-pourquoi-ce-n-est-pas-du-sport.html

https://www.persee.fr/doc/rfp_0556-7807_2004_num_149_1_3168

 

  1. Permettre à tous de participer 
  • Le jeu proposé doit permettre à tous de pouvoir jouer en même temps. Le jeu du facteur par exemple au cycle 1 n’est pas approprié car les enfants jouent trop peu ! Deux courent et les autres sont assis. Le temps de pratique pour chacun est trop réduit.
  • Proposer des jeux à effectif réduit au cycle 2 et 3, notamment dans les jeux sportifs collectifs. Avec une balle pour 20 joueurs, on est sûr que certains ne la toucheront jamais ! Le jeu à effectif réduit permet de mobiliser davantage les élèves qui seront plus actifs et impliqués ; ils progresseront davantage. Dans ce cadre il est indispensable de faire des terrains de jeu parallèles (2 ou 3) pour ne pas qu’il y ait de joueur « en attente ».
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  1. Proposer différents types de communication motrice
  • Le but ici est de sortir des duels symétriques à somme nulle (qui aboutissent à un gagnant et un perdant) : proposer des jeux à 1 contre tous, chacun pour soi, des duels asymétriques, des jeux paradoxaux… il existe des jeux où on ne gagne pas, on ne perd pas ou alors momentanément (les 4 coins, la balle assise) des jeux où on change de rôle en plein milieu (éperviers déménageurs), des jeux où on se sacrifie pour ses partenaires (la baguette). Le type de relation aux autres doit être varié et pas seulement de l’ordre de l’opposition.

 

  1. Anticiper les conséquences des règles annoncées 
    • Par exemple, attention aux jeux à élimination ! Les joueurs qui se fontattraper, toucher… sont bien souvent ceux qui ont besoin d’apprendre le plus. Les éliminer contribue à renforcer les inégalités. Il faut donc remplacer l’élimination par la tenue d’un autre rôle dans le jeu, ou se débrouiller pour que l’élève rejoue rapidement et ne soit pas dévalorisé. Par exemple au C1 au jeu du loup, les premiers temps, l’enfant attrapé rejoue immédiatement, il a déjà ressenti beaucoup d’émotions au moment où il se fait attraper par le loup (certains pleurent parfois) on ne va pas en plus l’exclure du terrain de jeu.

Vidéo 1 : Ce que sont les jeux collectifs 

Vidéo 4 : Comment mener une séquence/ un module de jeu collectif ?

Vidéo 5 : Quelques contre-exemples